Quand une personne nous offre son pouvoir

(Peut-être aimeriez-vous écouter la version audio du message plutôt que de le lire à l’écran? Vous n’avez qu’à cliquer ici pour la télécharger.)

Quand une personne arrive vers nous avec la fragilité apparente d’un petit chien mouillé et nous demande si elle peut prendre un coin du plancher pour se rouler en boule, le temps de sécher, on peut dire avec un air noble et généreux : «Oui, c’est ok, tu peux prendre le petit coin. Et je t’offre même la pièce en entier.»

Mais on peut aussi regarder la personne dans les yeux et lui dire (avec nos mots, mais surtout avec notre attitude) : «Ma belle, tu prends tout l’espace que tu veux, évidemment… La maison t’appartient autant qu’à moi.»

Quand une personne nous offre son pouvoir sur un plateau d’argent, il est assez facile de refuser de le prendre (ceux pour qui ça ne l’est pas ne liront probablement jamais ces lignes). Cela dit, il peut être tentant d’en accepter quelques miettes – juste une toute petite partie. C’est très subtil. On cultive une présence positive, valorisante et encourageante… mais seulement à l’intérieur de l’histoire de limitation que l’autre propose, celle selon laquelle il serait tout petit et on serait fondamentalement plus grand. Après tout, si on est assez vertueux pour refuser 95 % de tout ce qu’elle nous offre, qu’est-ce que le 5 % qu’on accepte?

Or, 5 % n’est pas si différent de 100 % qu’on le croit. Une petite dose de poison n’est pas tellement moins dommageable qu’une grande. Et oui, ces jeux d’ego, souvent très bien déguisés, sont une forme de poison autant pour nous que pour l’autre.

Ainsi, même si la personne a la générosité de nous mettre la barre très bas, on peut choisir de la maintenir aussi haut qu’on le peut, et renoncer à cette valorisation facile. Et si elle est dans un état de vulnérabilité et qu’on est effectivement beaucoup plus fort, le plus grand cadeau qu’on puisse lui faire (et la plus grande manifestation de force, si vous voulez mon avis…) sera toujours de se rappeler – et de lui rappeler, par ce qu’on dégage – que même si on est temporairement son pilier, on sera toujours sur un pied d’égalité au niveau le plus profond, et elle a toujours été propriétaire de son pouvoir, de sa maison.

Bon jeudi!

XOX

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3 réflexions au sujet de “Quand une personne nous offre son pouvoir

  1. Lan-Ying dit:

    Comme ton message résonne étrangement avec ce texte qui date de lundi :

    « Laissez-moi descendre jusqu’à toucher le fond du bout du pied, couler. Ne me tirez pas vers la surface avec vos bouées multicolores.
    Je veux descendre, je dois descendre, J’en ai le courage à présent.
    Je ne veux pas de votre bouée accrochée à mon cou et qui m’étrangle au lieu de me sauver. J’ai mal de votre aide qui ne me convient pas. De votre injonction à rester à la surface en permanence. Laissez-moi plonger. Je remonterai, ne vous inquiétez pas. Mais je ne suis pas un bateau. Je ne suis pas un poisson non plus, je sais que je ne pourrai pas survivre éternellement au fond. Je n’emporte pas de bouteilles d’air, je ne suis pas un plongeur, je ne resterai pas plus longtemps sous l’eau que ce à quoi la nature m’a préparée. Je suis…moi, et je nage parfois en surface, parfois entre deux eaux, parfois aussi je plonge au fond, je remonte, je saute, j’atterris sur la terre ferme. J’ai besoin de bouger, d’être en mouvement.
    Ne me tirez pas vers le côté qui vous semble le meilleur pour moi. Mais ne m’abandonnez pas non plus. Soyez là, nagez à proximité, à votre hauteur, peut-être au-dessus de moi pour me servir de cap quand je serai prête à remonter. Peut-être autour de moi pour m’accompagner. Parfois devant, pour croire au rivage salvateur qui me permettra de prendre un moment de repos.
    Parfois, quand j’aurai besoin de reprendre mon souffle, je vous appellerai et je m’accrocherai à vos bouées avec force et joie. Je monterai sur votre radeau et sentirai avec plaisir le souffle de votre vent soulever mes cheveux, gonfler les voiles de mon esquif pour me faire avancer plus vite.

    Pendant tout ce temps vous serez à mes côtés, mais moi aussi, je serai à vos côtés. Et si vous perdez vos forces, ne croyez pas que du fond, je ne pourrai rien faire. Jetez-moi une corde et je vous tirerai vers devant. Appelez-moi et je viendrai pousser votre navire par le dessous de la coque. Rêvez, et je vous ramènerai des étoiles de mer.
    Ne décidez pas de ma vie, mais ayez confiance en moi. Tout simplement. »

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