Quand nos principes nous rendent fous

(Le message du jour étant un peu plus long qu’à l’habitude, peut-être préférerez-vous vous installer confortablement et écouter la version audio. Vous n’avez qu’à cliquer ici pour la télécharger.)

 

shutterstock_588111401chien_feuillesJ’avais le visage couvert de larmes et je sanglotais comme une enfant. La douleur était intense… mais je ne disais rien, je la laissais continuer. Je pensais au président américain, qui disait alors vouloir rétablir l’usage de la torture, et je sentais une solidarité encore plus grande envers ceux qui en sont victimes.

Oh, mais je n’étais pas en train de préserver un secret national. Non, j’étais en train de recevoir… un traitement facial! Voyez-vous, l’esthéticienne extrayait les comédons sur mon nez avec un petit instrument en métal tout droit sorti de l’enfer. Elle rentrait le bout pointu dans les pores de ma peau afin de les nettoyer, et même pour moi qui ai un seuil de tolérance à la douleur pas mal élevé, c’était intenable. On aurait vraiment dit qu’elle me tranchait le nez… Une façon assez radicale de le nettoyer, vous en conviendrez!

Pourquoi ai-je toléré une telle douleur?

Le contexte et l’effet de surprise comptent pour beaucoup; puisque ça semblait tout à fait normal à l’esthéticienne (qui n’était pas très remuée par mes sanglots…), je me suis comme vendu l’idée que c’était normal dans l’absolu. Mais voici la vraie de vraie raison qui m’a amenée à ne rien faire même si je savais très bien au fond que «normale» ou non, la douleur était optionnelle : j’avais investi du temps et de l’argent dans ce traitement… Et je voulais l’optimiser. Je voulais tirer le maximum de mon facial, sans rien gaspiller.

Optimiser… Oh, optimiser! Ce n’est pas un de mes grands principes de vie. Si vous me demandiez ce en quoi je crois, ce serait… bref, tout ce que j’écris semaine après semaine ici. Mais dans les faits, ce désir de tout maximiser a beaucoup d’impact sur ma vie. Parfois, c’est positif : ça m’amène à faire d’une pierre deux coups ou à bien remplir mes journées. Mais ça peut aussi me pousser à aller dehors quand il fait soleil, même si j’ai envie de rester à l’intérieur (pour «optimiser» le beau temps). Ou à me forcer à faire du tourisme quand je suis en voyage même si j’ai juste envie de rester à ma maison de location et d’écrire. Ou à transporter trop de sacs en même temps (et parfois à en échapper et à endommager des choses) pour optimiser le trajet de l’auto jusque chez moi.

Dans ces moments, je suis au service de mon principe beaucoup plus qu’il est au mien. Et le résultat n’est pas particulièrement réjouissant.

Pour moi, c’est optimiser et maximiser (entre autres). Mais il y a plusieurs autres concepts apparemment très positifs qui peuvent devenir des prisons :

– Dire oui aux nouvelles expériences
– Saisir les bonnes affaires (investissements, rabais, etc.)
– Gagner
– Maintenir la paix
– Terminer ce qu’on a commencé
– Ne rien gaspiller
– Être courageux
– Se faire respecter
– Profiter de la vie

Ces principes sont certainement magnifiques, lorsqu’ils viennent du cœur. Mais si on laisse notre tête se les approprier et en faire des structures rigides, ils nous amèneront, par exemple, à nous lancer aveuglément dans de nouvelles expériences qui ne nous conviennent pas du tout. Ou à acheter des choses qui ne nous plaisent pas à 100 % car on ne peut résister à un bon «deal». Ou à trop manger pour ne rien jeter. Ou à perdre beaucoup d’énergie pour sauver des sommes minimes, non pas parce que ça fait une différence dans notre budget, mais parce qu’on veut se sentir victorieux. Ou à rester pris avec de vieilles possessions qui encombrent notre vie, car on sait qu’on ne pourra jamais récupérer ce qu’on a investi en s’en départissant. Ou à s’épuiser pour essayer d’obtenir des dédommagements alors qu’on pourrait plutôt bâtir quelque chose de nouveau qui nous rapporterait dans la joie l’équivalent de ce qu’on a perdu.

Ainsi, aussi beaux soient ces principes, en théorie, ils peuvent être complètement stupides et nous rendre fous. J’aime la beauté, et j’emploie rarement des mots comme «stupide» ou «fou», mais ici je les utilise non pas comme une insulte, mais simplement pour ce qu’ils désignent : l’absence de logique ou de discernement. Car plutôt que d’être présent à notre état, on se regarde aller de l’extérieur et on met une idée en priorité sur ce qu’on sent et sur la vérité du moment. Oh, et en plus, les actions qu’on fait ainsi auront bien souvent l’effet contraire à celui désiré. À trop vouloir profiter de nos vacances, on est trop stressé pour savourer quoi que ce soit. À faire tous ces sacrifices pour être gagnant, on pourrait dire qu’on en sort profondément perdant. Si on achète plein de choses en solde qu’on aime plus ou moins ou dont on n’a pas tout à fait besoin, on pourrait dire qu’on fait un très mauvais «deal», finalement. Et si on part en guerre et qu’on s’empoisonne de colère pour se faire respecter, se respecte-t-on vraiment?

C’est un peu comme pour le perfectionnisme. Parfois on est effectivement appelé à viser la perfection. Si on est un chirurgien et qu’on opère un cerveau, par exemple, ce n’est probablement pas une mauvaise idée. Mais si notre vie entière est régie par ce concept, on sera tellement épuisé qu’on bâclera involontairement tout ce qu’on fait (ou on sera trop tendu pour profiter de notre œuvre parfaite).

Ainsi, si vous sentez une lourdeur présentement, une des questions que vous pouvez méditer est : quel est le principe dont je suis prisonnier et qui me déconnecte de la réalité? Quelle est la chose qui me semble plus importante que mon bien-être et ma joie?

Mettre ces notions de côté peut sembler être une grande défaite, dans le feu de l’action. On est comme hypnotisé. La perspective de mettre fin à ma torture nasale me donnait certainement l’impression que j’aurais échoué à un test, sur le coup. En ce qui vous concerne, peut-être avez-vous le sentiment que quelque chose ne tourne pas rond chaque fois que vous dites non à une nouvelle aventure qui vous est proposée (ou si vous dites oui, c’est selon). Mais dans ces moments, l’invitation est toute simple : on peut entrer à l’intérieur de nous, déposer notre main sur notre cœur (littéralement ou métaphoriquement) et se demander ce qui est vrai et bon pour nous en ce moment. Car il y a toujours une sagesse beaucoup plus profonde à laquelle on peut accéder, sous toutes ces idées… Une sagesse fluide et intuitive qu’on ne pourra jamais cerner ou catégoriser.

Parfois, on est appelé à tolérer la douleur, à acheter les méga formats économiques qui encombrent notre petit appartement ou à investir beaucoup d’énergie pour recevoir les excuses tant méritées. Notre confort immédiat n’est pas le seul facteur, et un principe hédoniste ne serait pas plus juste que les autres. Cela dit, oui, une vision globale, saine et profondément intelligente nous amènera naturellement à tenir intensément compte de notre état, bien au-delà de tous les regards extérieurs – incluant le nôtre. Car on n’est jamais aussi gagnant que lorsqu’on se sent en harmonie. Il n’y a pas de meilleur «deal» que la paix d’esprit. Et je ne sais pas ce que vous en pensez, mais on pourrait probablement avancer qu’optimiser notre bien-être (et éviter les séances de torture, autant que possible) est la plus belle façon d’optimiser notre vie.

Bonne journée! (Si vous avez envie de partager vos principes-prisons avec le reste de la communauté – et je pense d’ailleurs que ça pourrait être très libérateur –, je vous invite à le faire dans la section «Partager un commentaire» en bas de la page.)

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39 réflexions au sujet de “Quand nos principes nous rendent fous

  1. Amandine Valay dit:

    Moi avant, c’était d’être perfectionniste qui me rendait malade.
    Sur tout et n’importe quoi il fallait que ce soit nickel. Nickel par rapport à ma vision de ce qui est « nickel ».
    Ca m’a gâché de multiples fois le plaisir d’avoir fini un siège ou une paire de rideaux, j’ai choisi un métier manuel, la tapisserie d’ameublement !
    Du coup, ça pourrait ressembler à du sado-masochisme parce qu’en plus, je suis dans mes premières années d’apprentissage…
    Un jour, j’en ai eu marre, marre de me faire souffrir avec ca, marre de malmener mon estime de moi. Marre qu’au fond, je base tout le dessus.
    J’ai fait table rase de mes idées reçues : meme les petits genis d’une discipline passent des heures et des heures à œuvrer pour etre meilleurs. Le perfectionnisme doit être une qualité de travail, pas une « religion » aveuglante. Et je me suis rappelé à quel point j’aimais ce métier et que je n’avais pas envie de gâcher ça !
    Tout est rentré dans l’ordre à présent. Je me concentre sur mon plaisir au travail, je sais que je ferai toujours de mon mieux car j’aime le travail bien fait et les étoiles dans les yeux du client qui m’a fait confiance pour restaurer son bien, surtout quand il souligne que c’est très bien exécuté. Je me suis enlevé la pression, je procrastine moins et surtout… j’ai ouvert grand la porte à ce que j’aime le plus dans la vie : apprendre de nouvelles choses et vivre de nouvelles expériences !
    Belle journée à toutes et tous.
    Belle journée à tous.

  2. Cat dit:

    Bonjour Marie et merci pour ces petits messages qui invitent à l’introspection sans jamais culpabiliser ou donner de leçons. Un des principes qui se retourne contre moi est « profiter de la vie ». Je dis souvent oui à des occasions qui se présentent (sorties, repas, visites) et j’ai l’impression que mes journées et mes week-ends seront bien remplis. Mais au final je rentre chez moi et la maison est sans dessus dessous, je suis fatiguée car j’ai couru partout et mes enfants me reprochent de ne pas assez m’occuper d’eux. Il en va de même pour le principe « aider les autres ». J’essaie de visiter le maximum de proches, leur donner un coup de main, les aider à ranger, les écouter. Et le résultat c’est que je ne me souviens plus de ce qu’ils m’ont raconté et je n’ai plus l’envie de ranger chez moi. C’est pourquoi il faudrait que j’écoute plus mes besoins profonds même si ces principes m’apportent satisfaction souvent mais ont tendance à masquer ce dont j’ai vraiment envie. Mais c’est encore un sacré principe « Ne sois pas égoïste » qui m’empêche de faire des choses pour moi! Mon message est un peu long, mais j’espère qu’il servira à quelqu’un. Bonne journée depuis les Pyrénées, France. Catherine

  3. Laetitia dit:

    Je suis devenue avec les aléas de la vie et le temps une perfectionniste. Toute ma vie est organisée de sorte à ce que je puisse faire un maximum de choses sur une journée. Il y a des jours où je n’en peux plus mais une petite voix me dir à chaque fois  » allez courage, tu pourras te détendre quand ce sera fini. » Mais très honnêtement, je constate que ce n’est jamais fini… Et pourtant, je continue encore et encore dans l’espoir qu’un jour je pourrai pleinement en profiter.

    1. Nathalie dit:

      J’ai toujours été perfectionniste mais depuis peu, ce perfectionnisme bourré de principes me détruit intérieurement. Comme l’explique Marie, j’ai tendance à « optimiser », faire tout en même temps dans un temps record et je ne m’accorde pas vraiment de moment à moi. Je n’arrive pas à me détendre parce que comme pour Laetitia, je n’ai jamais fini… Mais après quoi courons nous ? Le temps passe si vite et on se met la pression pour finir exténué, sans en profiter de la vie. Après, il sera trop tard !
      Merci à Marie, elle trouve les mots justes pour nous faire réfléchir…

    2. Florence dit:

      Je suis aussi comme ça : tirer le maximum de la journée, et depuis quelques temps la vie s’applique à m’envoyer de grands signaux pour que je cesse de serrer les dents en repoussant mes limites. Il y a bientôt 4 ans, j’ai accouché d’une petite fille en 52 h de travail ( faux travail) sur les reins! 52h de contractions virulentes dans le bas du dos et inutiles. Complètement shootée à ma propre ocytocyne et exaltée par le miracle de donner la vie, j’ai serré les dents. Ma fille, elle, a souffert bien plus que moi et a mis près de deux ans à faire des nuits avec le secours d’une mirco-kiné, d’une ostéo, d’un médecin chinois, et continue de se contorsionner et de se tordre dans son sommeil. A chaque changement de temps, j’ai des contractions fantômes dans le bas du dos, des fessiers durs comme du béton et il m’arrive de pleurer les larmes que je n’ai pas pleuré alors. L’équipe ne m’a jamais proposé la césarienne. Poru eux je  » gérias bien la douleur ». Le message était évident?… il faut croire que non. Il y a 20 jours, j’étais au travail, je devais donner un cours d’anglais et une odeur de plastique caramélisé, très lourde flottait dans le bâtiment. J’ai ouvert toutes les fenêtres, les portes, une autre prof aussi et tenté , en vain, de trouver la cause. J’ai appelé l’intendance mais c’était un jour de grève générale en Franc et on a mis du temps à nous envoyer quelqu’un qui n’a rien trouvé. J’ai accueilli mes élèves dans un immense courant d’air. L’un deux m’a dit  » on va asphyxier » mais c’est un peu le pitre du groupe alors on a ri un bon coup, et on fait cours dans un grand courant d’air et dans cette odeur détestable. J’étais là pour ça, faire cours. Puis chacun de nous est parti de son côté, a développé une migraine de plus de 24h, des nausées, des troubles de l’humeur, pour apprendre 2 jours après, qu’un tube néon défectueux dans la salle où nous étions avait fondu, liquéfiant le gaz qu’il contenait et libérant des  » choses toxiques » dans l’air. Des métaux lourds.
      Je suis en vacances, je prends des algues pour faire une détox qui s’imposait vraiment, je suis épuisée et je n’optimise pas du tout mes vacances et je peste… Et je dois dire que lisant le message de Marie, j’ai ri. Ce qui est sidérant, à l’arrivée, c’est le temps qu’on met à lâcher, à pouvoir dire non, à envisager autre chose, à s’écouter…
      Comme fait exprès, une vieille dame de 99 ans m’a prêté samedi dernier un livre fort et magnifique qui est tout à fait dans le sens de ce beau message de Marie et dont je vous recommande la lecture :  » L’archipel d’une autre vie » d’Andréï MAKINE. Bien affectueusement à tous.

  4. Isabelle dit:

    Merci Marie! C’est tellement vrai!! J’ai appris, depuis peu, à lâcher la colère face aux gens qui projettent leur négativité et leur mal-être sur autrui et dont l’ambition n’est que de créer des polémiques pour nourrir leur négativité. Quand je me suis rendue compte que je me rendais malade toute seule pour rien, alors que les personnes en question vivaient tranquillement leur vie, je me suis dit que mon bien-être et ma paix intérieure étaient la priorité, et j’ai arreté de ruminer, vouloir avoir raison ou prouver ma bonne foi. En lâchant prise face à de faux problèmes, de fausses querelles, j’ai gagné bien davantage: je me suis respectée moi-même. Bonne journée !

    1. Anne dit:

      C’est exact Isabelle, je n’ai pas pensé à cet aspect-là du sujet, merci de me l’avoir mis en avant..Belle suite de semaine

    2. Marie-Pier Charron dit:

      Merci du partage Isabelle! Et oui, comme le dit la citation (souvent attribuée à Bouddha) : « Rester en colère, c’est comme saisir un charbon ardent avec l’intention de le jeter sur quelqu’un ; c’est vous qui vous brûlez. » xox

  5. Sylviane dit:

    Mon souci les dépenses de mon époux en cigarettes et alcools… Nous vivons correctement et je ne supporte pas le montant exorbitant que représente l’achat de ces drogues ! L’augmentation du tabac..
    Le dernier dépassement d’impôts ne le fait pas réagir plus que ça…je préfèrerais l’utiliser pour finir quelques travaux commencés ..
    Au point que je fais les courses alimentaire au rabais…
    Idem pour la voiture avec un crédit un peu trop élevé…
    La séance de torture je suis bien seule à la vivre…
    Merci Sylviane

    1. Marie-Pier Charron dit:

      Je suis vraiment désolée de lire ça, Sylviane… Je peux seulement imaginer à quoi point c’est frustrant pour vous. Je vous souhaite la paix et le respect que vous méritez. xx

  6. Anne dit:

    Depuis peu, j’ai décidé de ne plus faire de concession avec moi-même, peu importe ce que vont en penser ls autres, peu importe leur regard: si quelque chose en moi me dit « non, je ne veux pas, non ne le fais pas » je l’écoute même si une autre petite voix me dit « c’est égoïste » ou encore « tu n’es pas sociable ».. Merci marie pour ce beau partage. Anne

    1. Anne dit:

      Corrections: « lEs » autres et merci Marie.

  7. Fabienne dit:

    Prendre le petit déjeuner avec vous Marie Pierre est un vrai bonheur! Par principe on pose des actes pour rétablir une justice et on en sort vidé, épuisé … j’ai appris à accepter certaines choses injustes il est vrai mais l’accepter est bien plus bénéfique que de la combattre. Merci à vous. Jeté marie Pierre vous illuminez mes journées endeuillées par la perte de mon compagnon

  8. Ascensationnel dit:

    Comme l’article de ce matin résonne fort ! J’ai écrit sensiblement le même il y a quelques mois. je vous le partage ici : http://ascensationnel.com/amortir-le-forfait/
    Merci ça fait tellement de bien de ne pas être seule à partager un ressenti. Bonne journée à vous, enfin belle nuit pour le moment.

  9. alain dit:

    Ah les principes !
    Otez-les et tout va mieux c’est dire leur poids, la prison qu’ils représentent dans nos existences.
    Il y a toujours moyen de passer outre en reconsidérant leur véritable importance.là encore ça n’est qu’une question de lâcher prise….
    Bonne journée.

  10. gisele dit:

    bonjour marie pierre ,encore merci pour ce message ,optimiser!!!notre éducation fait que l’on m’a inculqué des principes de vie ,pour être meilleur pour ce monde ,comme le catéchisme avec ses commandements ,,je me sens parfois emprisonnée ,manque de lâcher prise ,je suis au 3ème âge de ma vie, le temps de la réflexion , du bilan, comment optimisé encore notre vie jusqu’au bout? Je me pose beaucoup de questions bonne journée bisous gisele

  11. Louise dit:

    Optimiser le soleil, combien de fois j’ai pu faire ça! Consciente d’un certain ridicule, mais je ne pouvais faire autrement sans me sentir coupable. Mais j’étais en même temps fâchée contre moi de ne pas pouvoir me choisir. Je donne cet exemple parce qu’il est banal et très parlant, mais il y en a plein d’autres dans ce que tu as nommé. Et sûrement d’autres encore. Merci de parler si justement de tant de « petites » choses qui nous habitent tous.

  12. aroame dit:

    Bonne journée! Un jour à la fois, c’est bien suffisant!

  13. Christine dit:

    Merci Marie-Pier pour ce nouvel article qui touche dans le mille comme souvent.
    Cela me fait penser à une époque où je voulais absolument terminer et aller au bout des livres qui ne me plaisaient pas. Je m’obligeais à finir chaque bouquin jusqu’au dernier mot, quel temps perdu ! Maintenant, j’insiste un peu mais pas plus, il y a tellement de livres à lire et ce n’est vraiment pas la peine de forcer. Cela doit rester un plaisir si non à quoi bon lire ?

    1. Marie-Pier Charron dit:

      Un autre bel exemple…

  14. Lou dit:

    Questions magique à méditer aujourd’hui…pour moi : le principe dont je suis prisonnière et qui me déconnecte de la réalité ? la chose qui me semble plus importante que mon bien-être et ma joie ? Deux questions qui ont fait écho en moi ce matin. Reste à mettre en pratique :-)
    Merci !

    1. michel dit:

      Lou, je viens justement d’écrire ces deux mêmes phrases, bien en vue sur mon pupitre, pour les lire quotidiennement jusqu’à ce que j’y pense naturellement à toutes les fois qu’un de mes nombreux principes se pointe le nez.

  15. sylvie morin dit:

    merci beaucoup pour cette belle réflexion combien libératrice ! pour moi la plus grande prison est que je veux absolument savoir quelle est ma mission de vie et que cette recherche me laisse toujours dans le vide de ne pas savoir quoi faire et comment faire pour y arriver je suis obsédée par ça et je ne sais plus ce qui m’apporte de la joie . Je voudrais passer à l’action mais plus je le veux on dirait que ça bloque !

    1. Marie-Pier Charron dit:

      Merci pour ce partage.
      Tu me donnes envie d’écrire là-dessus…

      Quel est le sentiment/état/émotion qui te donne l’impression que tu as besoin d’une mission? Qu’est-ce qui est à l’origine de ce besoin?

      1. Camille dit:

        J’ai la même sensation vis-à-vis de la mission, pour moi je dirais que l’état émotionnel qui l’amène est : la tristesse, la lassitude et la désespérance et que l’origine de ce besoin est d’avoir vécu trop de guerres et d’avoir besoin que ma vie ait un sens. Parce que sinon il aurait mieux valu ne pas avoir vécu. Si j’ai souffert pour pouvoir aider d’autres ensuite cela me semble avoir un certain sens, sinon à quoi bon avoir tant enduré ? J’ai souvent le sentiment d’une certaine vacuité à mon existence et j’ai du mal à saisir réellement ce que peut vouloir dire « vivre pour soi » ou « se faire passer en priorité ». Je me sens à ma place quand j’aide quelqu’un, quand je rends les autres heureux, le problème c’est que souvent ensuite je manque d’énergie pour moi. Pourtant je sais me rendre heureuse, mais c’est comme si j’avais la flemme, des fois je me pousse en m’imaginant être ma meilleure amie et je me fais une tisane, j’écoute de la musique, je fais du roller ou je prends un bain, mais c’est si rare. La plupart du temps j’ai l’impression de faire ce que l’on attend de moi, d’être comme prisonnière de ma vie et de ce qu’il faut faire. L’idée d’une mission donne du sens à tout ça et m’aide à retrouver un peu de joie de vivre dans mes obligations, mais cela m’emprisonne aussi en me poussant à chercher des situations délicates et difficiles ou au moins à les accepter alors que je sais qu’elles vont l’être, cela me pousse à encaisser trop, à repousser mes limites, au lieu de m’écouter.

    2. michel dit:

      sylvie,
      J’ai été aux prises avec cette fameuse mission de vie jusqu’à ce que Neale Donald Walsh dise, dans la vidéo « Le Secret »: « Il n’y a pas de grand tableau dans le ciel sur lequel serait écrit ce qui est attendu de toi. Ta mission est la mission que toi seule peut te donner pour toi-même si mission de vie tu veux. » Ceci pour moi a été très libérateur.

    3. Marie-France dit:

      Merci de partager cela… je vis la même chose et finalement, je ne sais plus qui je suis ni ce que je dois faire… j’ai l’impression d’être vide et inutile. Et c’est un principe qui me pourri la vie aussi, le sentiment de devoir ABSOLUMENT être utile! Que si non, la vie ne vaut pas la peine, qu’elle vaut pas la peine pour soi-même, que ça doit absolument être utile!

      Je commence à entrevoir que je me suis complètement perdue moi-même à force de vouloir cela.

      Marie-France (Belgique)

  16. Danièle dit:

    Merci Marie-Pier pour ce partage et réflexions qui me rejoignent aussi tellement et que dire des commentaires, savoureux et qui résonnent aussi en moi.
    Le lâcher prise, le plaisir ou le manque de plaisir, la torture dans la pression de tout vouloir bien faire, tout donner, se dépasser en aillant l’impression de ne pas encore en faire assez.
    Et c’est vrai que ça ne finit jamais jusqu’au jour ou le carrousel qui tourne en rond se brise et que finalement le temps de qualité donné à soi-même devienne un très bon investissement. C’est très ressourçant et contrairement à certaines valeurs inculquées pas égoïste du tout.
    Je consomme moins à tout va, je ne donne pas tout pour me faire aimer à tout prix mais le coup de coeur d’aimer et d’agir est plus en harmonie avec mes véritables valeurs.
    Cela m’apporte une joie de ressentir que cela a un sens pour moi.
    Merci encore Marie-Pier pour ce temps d’introspection, affectueusement.

  17. Gilbert dit:

    Bonjour Marie et merci pour cette belle invitation à la méditation.

    Votre message illustre vraiment bien et concrètement comme nous sommes tous soumis à de nombreux conditionnements (principes) qui peuvent devenir de véritables boulets que nous traînons à nos pieds jour après jour. Et qui dit boulets dit obstacles vers notre joie intérieure.
    Pour ma part, c’est la lecture du livre de Miguel Ruiz, « Les quatre accords toltèques: la voie de la liberté personnelle », qui a été la plus libératrice à cet égard. Elle m’a permis de mieux prendre conscience de l’existence de ces pensées/accords nocifs en moi et de leur origine. Ces accords qui invitent clairement à une introspection vigilante m’aident maintenant à détecter mes pensées limitantes personnelles. J’essaye de les appliquer au quotidien. Ils constituent pour moi comme un guide des alternatives de pensée à utiliser pour ne pas se laisser envahir par les pensées limitantes de tous ordres.

    Je vous laisse découvrir ce livre si vous le souhaitez mais vous indique tout de même la teneur des quatre accords, pour ne pas rester dans le flou :
    – avoir la parole impeccable (respecter les autres),
    – ne pas prendre les choses personnellement (les autres nous respectent),
    – ne pas faire de suppositions (voir clair sans se leurrer soi-même),
    – faire chaque jour de son mieux (s’accepter et se respecter soi-même).

    Je vous souhaite une très belle journée.

  18. michel dit:

    Bonjour un jour,

    un jour j’ai consulté quelqu’un qui certainement pouvait me vouloir et m’apporter du bien

    cette personne m’a appris que dans d’autres dimensions, d’autres vies peut-être, j’avais vécu une vie de chercheur dépossédé de sa création et empoisonné par un ami proche, avide de son savoir…cet ami est devenu célèbre ensuite grâce à ce savoir volé !

    depuis que je suis né je n’ai de cesse de « souffrir » de dépossession, et de vivre la peur de me faire voler, arnaquer…

    récemment, et souvent par le passé, j’ai rencontré de bonnes et moins bonnes personnes, à l’occasion de projets créatifs au cours desquels je rejouais sans relâche ce même vieux scénario de se faire déposséder…

    et voici : cela marchait à chaque fois, puisqu’au lieu de profiter avec ces personnes du projet en cours, humainement, artistiquement, émotionnellement, je passais le plus clair de mon temps à ressasser ma peur de me faire voler, de me retrouver perdant si je donnais trop ou si je donnais mal, ou sans contrôler mon don…

    et voici : cela fonctionne toujours…car la peur sort toujours vainqueur…la peur est le moteur de la mort, de la non vie, elle nous éloigne de l’amour, et l’amour nous manque tant pour vivre notre quotidien…

    un jour j’ai découvert les messages de Marie Pier…super et ça rime !

    ce dernier message sur les principes a saturé ma tolérance à me sentir volé dans ma vie…

    actuellement je revis encore une fois ce scénario d’être volé dans un projet magnifique de comédie musicale inter générationnelle…dont je signe la musique !

    je vais donc respirer…et tout faire pour laisser passer l’amour, et agir à travers lui autant que je le pourrai.

    les scénarios ont la peau dure…on aime tant les jouer ! y avoir un rôle comme vous dites Marie Pier…

    Merci pour cette voix qui chuchote des vérités au creux de l’âme…merci et belle route.

    peut-être à un de ces jours.

    Michel

    1. Madeleine dit:

      Bonjour,
      Il y a certainement de nombreuses approches pour se défaire de la peur. Je vais essayer de résumer ce que j’ai appris auprès de Martine Libertino: http://www.martinelibertino.ch/fr/ouvrages/introduction.
      La peur de tomber (ou de glisser sur la glace) p.ex. (c’est mon cas) s’appuie sur la croyance que je vais tomber et – puisque nous créons notre réalité à partir de ce que nous pensons – et bien je vais attirer des chutes [Je connaissais auparavant une personne dont l’entourage vivait sans cesse des choses terribles. Chaque fois que je la voyais, elle avait des choses terribles à me raconter…] Voici une manière de désamorcer cet engrenage: i) reconnaitre sa peur (= la nommer, on peut aussi la ressentir dans son corps): « j’ai peur de tomber », ii) se pardonner cette peur: « je me pardonne d’avoir peur de tomber, maintenant et toutes les fois à venir », iii) accepter l’idée, l’éventualité de tomber, mais pas le fait de tomber: « j’accepte l’idée que je puisse [subjonctif!] tomber, iv) agir: p.ex. faire ce processus avant de rouler à vélo sur une potentiellement glissante ou de marcher sur un chemin très étroit en montagne… si je ne suis pas dans l’action, j’ajoute p.ex. « et j’arrête de me faire du souci, car j’ai une confiance totale en moi, dans la vie, dans la potentialité des autres à se comporter de manière juste [ce bout de phrase pourrait être intéressant dans votre situation… confiance en la potentialité, non pas dans le comportement juste] et dans les êtres de Lumière qui me protègent, me guident et m’apportent l’aide dont j’ai besoin ». Une autre variante de ce point iv) « je confie à Dieu tous mes soucis, tous les petits comme les grands sont évacués de ma conscience. Je m’autorise à être complètement prise en charge comme un bébé. Je crois en l’infinie sagesse et en l’amour de notre Créateur pour me protéger et subvenir à tous mes besoins ». (c’est un conseil des Anges tiré de l’ouvrage de Doreen Virtue, 365 Conseils de vos Anges, éd. Exergue)
      En général, une peur quelle qu’elle soit ne va pas disparaître d’un coup de baguette magique (je n’exclus pas cette éventualité, mais je n’ai pas encore eu la chance de l’expérimenter :-) ), mais je peux vous assurer qu’avec la pratique (à force de désamorcer mes peurs), je vois déjà des résultats à moyen terme… En espérant que ces quelques lignes puissent vous être utiles, Cordialement, Madeleine

  19. Julia dit:

    Bonjour Marie et Merci pour ce message. Il résonne à point nommé à ma situation du moment. J ai le sentiment dans mon histoire personnelle d’avoir une croyance du type « je ne mérite pas d être aimée » ou » j ai peur de ne pas être aimée ou reconnue » qui, traduits en principe, se muent en: si je ne donne pas à l autre je vais le perdre .. Alors, dans mes relations de couple, je donne sans compter.. je mets en sourdine mes intuitions..Et je m en aperçois souvent un peu trop tard : tout dernièrement jusqu à ce que l autre me manque de respect et touche une limite impossible à négocier, Pour mon coeur. La bonne nouvelle est qu en travaillant sur ces croyances et en lisant des textes positifs et libres comme les vôtres, On apprend à changer ses principes de cap. Du coup les bonnes limites apparaissent et ce de plus en plus tôt. Tout comme le besoin de dire non à autrui pour mieux se dire Oui. Et comme le dirai Isabelle Padovani, « rester sous les cailloux » peut devenir un choix conscient , Mais aussi nous mener à tout autre chose, plutôt que de rester dessous :)
    à bientôt,
    Julia

  20. Ferreira dit:

    Merci pour ces pensées qui aident à prendre du recul.
    Pour moi cela se situe au niveau intellectuel. Je passe de formation en formation, j adore lire et je gâche ce plaisir avec ces montagnes de livres qui s accumulent et que je n ai pas le temps de lire.
    Je suis en formation de naturopathe et je suis tout le temps en panique : trop à apprendre. .. alors que mes amies profitent de la vie et mettent en application les principes de douceur de vivre et y arrivent aussi bien. Je peux réviser jusqu’à 16h d affilée sans aucun plaisir : résultat, je ne retiens rien.
    Le plus difficile c est de savoir exactement comment il faut faire et d être incapable de suivre sa petite voix intérieure.

  21. Edith dit:

    Bonjour, merci pour ce bel article rempli de lumière et surtout, d’honnêteté bien appréciée… J’ai bien ri car je ne suis pas la seule un peu fêlée à vouloir même maximiser les journées de belles températures, qui en deviennent un stress de performance!

    Avec les années, je me suis ramassée avec la fibromyalgie et la fatigue chronique à force de vouloir performer ma vie trop intensément. Après des années de dérive, j’ai fini par découvrir la spiritualité et la pensée positive… Depuis ce temps, parfois c’en est presque devenu une maladie de vouloir performer ma vie spirituelle, la pensée positive, une saine alimentation… agrémenté de bien des remords et de la culpabilité! Bien sur il y a des bons bouts aussi:) Mais à la longue, rien d’autre que de rester assise en silence ne me semble tentant, et je me répugne à appeler ça méditation, mon cerveau pourrait bien en faire tout un cas et décider de prendre les choses en main!!hihihi:) C’est comme si ma volonté ne veut plus rien savoir de rien, autre que la liberté totale et complète. Merci pour ce message qui semble s’adresser directement à ma vie, comme d’habitude, ça fait du bien…

    1. michel dit:

      Edith et tous les autres…

      c’est bon de vous lire…

      en passant par ici, se retrouver à travers vous, dans cette même solitude unique qui nous rapproche
      et dans ce miroir pouvoir s’inspirer se ré-inspirer soi-même
      Merci !
      c’est vrai que les messages de Marie Pier tombent bien souvent à point nommé !!!

      quelle intuition…

      1. Edith dit:

        C’est beau ce que tu dis Michel!
        C’est vraiment ça… Il y a comme une conspiration de synchronicité qui entoure Marie-Pier, ses messages et nos vies. Ça fait du bien en quelque part de savoir que ces experiences nous relient à la communauté.

    2. Camille dit:

      Pour la fibromyalgie je suis allée au centre Psychophysio à Valcourt et je suis guérie à 99 %. Je les recommande chaleureusement, ils ont changé ma vie !

  22. Suzanne Deschênes dit:

    Tes propos me rejoignent tout à fait… Continue de nous inspirer belle Marie-Pier!
    Amour et Magie ☮

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