Si vous ne savez pas quoi dire…

Quelques extraits de mes échanges avec ma sœur Renée…

Août 2015 :

Moi : Je me sens bouleversée, mais je ne veux tellement pas le rendre responsable de mon état, car ce que je vis est beaucoup plus lié à mes blessures passées qu’à ses actions, et je sais que ma réaction est démesurée. Mais en même temps, je ne suis pas capable de faire semblant que ça va, et j’ai l’impression de ne pas être authentique…

Renée : Pourquoi ne lui dis-tu pas ce que tu viens de me dire, tout simplement? Il me semble qu’il a la sagesse nécessaire pour comprendre cela…

Juillet 2016 :

Moi : Je ne sais pas quoi faire… J’aimerais lui demander si elle accepterait, mais j’ai peur qu’elle se sente obligée – surtout qu’on pourrait dire qu’elle m’en doit une, et je ne veux pas qu’elle pense que j’utilise cette «carte» pour l’amener à faire ce que je veux. En même temps, si je ne dis rien, j’aurai l’impression de ne pas me respecter…

Renée : Peut-être pourrais-tu lui dire tout ce que tu viens de me dire, exactement comme tu viens de me le dire…

Avril 2017 :

Moi : Chaque fois qu’il me parle ainsi, je me sens envahie, et je suis trop secouée pour répondre. Puis je me retrouve plus tard avec tant à dire, mais le momentum est passé et ça ferait étrange de parler… Donc je reste silencieuse et je porte un malaise avec lequel je ne sais trop quoi faire.

Renée : As-tu pensé simplement lui expliquer tout cela?

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Vous voyez probablement le phénomène… Quand je raconte à ma sœur le nœud apparemment très compliqué dans lequel je suis prise, elle me ramène souvent à ce qu’il y a de plus simple : juste tout dire tel quel. Pas systématiquement, bien sûr, mais quand l’autre personne est apte à avoir ce type d’échange. Et chaque fois, je ressens un soulagement et une petite surprise, comme lorsque je cherche désespérément mes clés pour réaliser qu’elles sont dans ma poche de jeans.

Je ne sais pas quel grand dilemme vous vivez en ce qui concerne votre communication… Ce que vous aimeriez dire, ce que vous craignez d’avoir l’air, ce que vous voulez créer ou éviter. Mais si vous savez que vous êtes en confiance, que diriez-vous de simplement exposer ce que vous vivez avec transparence? Je ne parle pas ici de fuir la situation en vous montrant si fragile et si vulnérable que l’autre se sent obligé de porter toute la responsabilité, mais d’ouvrir votre cœur tout en gardant votre dos bien droit.

Mon petit doigt me dit que tout ce qui vous habite est beau et bon et débordant de belles intentions… donc si votre interlocuteur est au même diapason, la sincérité est fort probablement la meilleure option. Ça peut sembler trop simple, sur le coup, mais si souvent, la meilleure stratégie est de ne pas en avoir du tout.

Bonne journée!

XOX

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19 réflexions au sujet de “Si vous ne savez pas quoi dire…

  1. MarieRose dit:

    Bonjour Marie-Pierre,
    Le plus difficile est quand l’autre personne n’est pas au diapason !!!
    Dans ce cas chaque mot prononcé se retourne contre vous et le silence vous ronge petit à petit….
    Certaines personnes ne sont pas prêtes à entendre. Et le conflit perdure….et la culpabilité persiste.
    Et pourtant j’ai déjà ouvert mon cœur, maintes fois, mais sans succès avec ces gens là….
    Alors comment procéder, dites le moi !!
    Je vous remercie car chacune de vos lettres correspond comme « par hasard » à la problématique du jour….et vous m’aidez beaucoup.
    MarieRose

    1. ElPedro dit:

      Voilà, c’est bien dit. Si la personne n’est pas au même diapason, c’est une chose; mais si elle ne veut ou ne peut tout simplement rien entendre, c’est que certaines personnes semblent incapables d’être honnêtes envers elles-mêmes. Il n’y a rien à faire malheureusement.

  2. Van Eessel dit:

    Bonjour Marie Pierrre,
    Avant tout, j’aimerais vous dire que je lis et médite vos Matin Magique depuis de nombreuses années et que je suis souvent très touchée par le message transmis et qui m’aide sérieusement dans mon quotidien. Aujourd’hui je me sens confirmée que – seule – la communication n’est pas possible, quelles que soient les approches utilisées, à commencer par l’ouverture du coeur et le lâcher prise. Vous me confirmer que la condition sine qua non pour un partage, c’est que l’autre soit sur le même diapason, que ce soit le bon moment pour lui …
    En 14 ans de vie commune, ces moments ont été tres rares. J’en souffre énormément d’autant plus que j’ai tant d’amis, de famille et de personnes rencontrées fortuitement avec lesquelles nos échanges sont sources de joie et d’enseignements qui me sont tellement précieux.
    Je me sens donc triste ce matin de faire une fois de plus ce constat (qui m’est de plus confirmé par ses amis) qu’avec lui cet essentiel pour moi je ne pourrai pas le vivre avec lui et que de plus je suis incapable de prendre la décision de le quitter !……

  3. myriam dit:

    Bonjour marie_ pier

    C’est exactement mon constat !
    DEpuis quelques temps, je me suis aperçu_ en regardant ,autour de moi, que la majorité des couples en difficulté, c’est simplement une question d’échanges.
    l’un n ‘ose pas dire ce qu’il a sur le coeur ,pensant que c’est futile ou que l’autre sait déjà ou par peur d’ouvrir son coeur.
    Alors que ds la majorité des cas, il y a un tel décalage entre les hommes et les femmes que souvent ouvrir son coeur permet à l’autre interlocuteur de simplement prendre conscience du soucis de l’autre.
    Un exemple concret: hier soir , mon mari et moi, parlions de choses et d’autres et ds la conversation, le sujet sur le romantisme arrive.
    Alors que je lui disais que je trouvais qu’un de nos amis avait été très romantique avec sa femme ,mon, mari me regarde et me dit »de toute façon, tu n’est pas romantique ».
    Je pex vous dire que ma surprise a était grande: 20 ans que nous sommes mariés, et 20 ans que je n’ai eu de cesse de lui montrer des exemples , mais non, mon mari n’avait pas capté.
    Vous me direz, ici, c’est la difficulté de mon mari à m’ écouter vraiment mais si nous n’avion pas eu cette conversation, j’aurai continuer à penser qu’il savait eet mon mari aurait continuer à penser que je n’étais pas romantique.
    Alors, ouvrez votre coeur, mieux vos tard que jamais!
    bonne journée

  4. annie dit:

    Bonjour

    Oui je suis tout à fait d’accord avec cette méthode. Le problème réside dans le fait que soit la personne ne veut pas ou ne peut pas écouter ce qu’on a à partager avec elle par manque d’intérêt, soit la personne n’est pas au même diapason. Alors que faire ? Moi je médite pour m’apaiser et laisse passer : vivre le moment présent ! Toute autre solution est la bienvenue.

  5. GISELE dit:

    bonjour Marie Pier ,dire les choses bien sur , à qui veut l’entendre ,mon compagnon a une maladie neuro dégénérative ,je suis devenue un peu sa maman , j’ai essayé de dire à ses enfants ,les examens les traitements ,les séances d’orthophonie ,ses enfants sont dans le déni ,à noel une de ses filles est venue nous chercher pour les fêtes de noel ,c’était très gentil de sa part , il a perdu tous ses repères il n’était plus le même il a fallu lui prendre la main pour le rassurer , je pense que ces enfants ont compris ,mais là plus beaucoup de nouvelles, la peur surement , on a besoin d’être soutenus , c’est au jour le jour ,à chaque jour suffit sa peine ,c’est le retour à l’enfance un peu à la maison il retrouve ses repères ,,bonne semaine Marie Pier bisous amicaux gisele

    1. Marie-Pier Charron dit:

      Je suis touchée de lire ça, Gisèle. As-tu communiqué clairement aux enfants que tu avais besoin d’aide? Ce serait merveilleux qu’ils le comprenaient d’eux-mêmes — et tu le comprendrais sûrement de toi-même, si tu étais à leur place — mais certains ont besoin que ce soit dit très, très clairement. Et malheureusement, certains ont besoin qu’on insiste. (C’est leur père… C’est bien normal que tu t’attendes à de l’aide.)

      Et si tu as demandé de l’aide et qu’ils négligent quand même, je suis bien désolée. J’aimerais tant que tu sois bien entourée, et que tu aies un beau réseau de personnes sages et aimantes sur lesquelles t’appuyer. Peut-être chercher des organismes où tu rencontrerais des personnes dans une situation similaire…?

      1. GISELE dit:

        merci MARIE PIER, tes paroles me font du bien , ces filles sont au courant, le diagnostic est posé par le neurologue , je leur ai expliqué clairement , je n’attends pas grand chose ,un coup de téléphone de temps en temps me ferait du bien ,je sais bien chacun à sa vie son travail ses enfants son couple , je reçois un coup de téléphone parfois 4 à 6 mois d’attente ,je m’occuperai de lui tant que je peux car il a besoin de ses repères , je n’ai pas une bonne santé non plus merci pour tous ces mots réconfortant chaque semaine j’attends cette lecture toutes les semaines garder le contact est primordial pour ne pas sombrer la relation ,parler est important bonne soirée bisous gisele

        1. Marie-Pier Charron dit:

          Ça me désole de lire ça, belle Gisèle. Même avec des enfants, je suis sûre qu’elles trouvent amplement le temps d’aller sur Facebook — donc elles pourraient certainement trouver le temps d’appeler leur père malade si elles en faisaient une priorité.

          Nous vivons dans un monde de fou à bien des égards, et le fait que les personnes âgées soient souvent délaissées par leurs enfants, ainsi, me bouleverse profondément.

          Je t’envoie une belle bouffée d’amour!

  6. Anne-Sylvie dit:

    Je n’ai jamais eu un conjoint ouvert à la discussion: pas le temps, trop compliqué, autre chose plus important à faire! Maintenant, il est atteint de troubles cognitifs et il a bien du mal à comprendre son propre monde intérieur! Que faire? Je médite, je « vais prendre l’air », je lis et j’évite toute confrontation! Je tente de lui rendre la vie plus facile, sans reproche, sans ennui! La vieillesse s’est installée tranquillement et « à chaque jour suffit sa peine »!

    1. Marie-Pier Charron dit:

      C’est très difficile ce que tu vis. La pensée qui me vient est simplement : tout en l’aidant, n’essaie pas de porter son fardeau. Son refus à entrer en lui-même est son choix à lui, non pas le tien. Et si tu essaies de le faire, c’est toi-même que tu perdras. Ce qui tu sembleras être de l’égoïsme est essentiel en ce moment. Bises!

      1. Anne-Sylvie dit:

        Merci Marie-Pier! Tu me fais du bien!

  7. Nanou dit:

    Bonjour Marie Pier et bonjour à toutes ces belles personnes qui ont échangé leur point de vue sur cet article….

    En vous lisant, je me suis posée la question de savoir où se trouvait l’essentiel dans l’échange et où se trouvait le meilleur pour moi même:

    Cet essentiel, serait il dans le fait que l’autre entende ou comprenne ce que je lui dis ou bien dans le fait que je reste au plus près de ce que je vis en lui transmettant mon ressenti? En étant le plus proche possible de ce que je vis dans l’instant…

    Je ne sais pas, je me trompe peut être, mais il me semble que c’est une piste à creuser, du moins, c’est mon vécu de l’instant présent, en tentant de respecter ce que je vis sans impliquer l’autre dans mes attentes et mes demandes (inconscientes s’entend!)

    Je vous embrase.

    Nanou.

    1. Marie-Pier Charron dit:

      Tu demandes : « Cet essentiel, serait il dans le fait que l’autre entende ou comprenne ce que je lui dis ou bien dans le fait que je reste au plus près de ce que je vis en lui transmettant mon ressenti? ». Je dirais la deuxième option. Être compris et retrouver l’harmonie dans la relation est juste le bonus.

      Ça semble être ce que tu ressens également. :-)

  8. Marie Jo Kleijnen dit:

    Bonjour Marie Pier.Cet article me touche beaucoup car je vis une situation de relation difficile avec mon fils ,rien de très clair .Il est marié et père de trois petites filles que je vois très peu.Il parait que je l’ènerve mais quand je lui demande une explication il fuit et parfois en claquant la porte et puis au bout d’un certain temps c’est moi qui reprends contact en culpabilisant doublement :je cherche ou est ma faute et je m’en veux de m’abaisser encore unefois.Evidemment je ne veux pas perdre le contact et non plus avec mes petites-filles.C’est une véritable épée de damocles au-dessus de ma tete.J’ai souvent envie de tout rompre,je me demande parfois si ce ne sreait pas plus vivable.Merci de m’avoir écoutée

    1. Marie-Pier Charron dit:

      Chère Marie Jo,
      Je suis si désolée de lire que vous vivez cela. J’aimerais tant avoir une réponse ou solution magique pour vous. Ce que je peux vous dire est que vous n’êtes pas la seule personne dans une telle situation… Otage des choix de votre fils, d’une certaine façon, et sans issue facile. Il arrive régulièrement que des personnes me disent vivre cela. Peut-être que de trouver des personnes qui sont dans vos souliers et qui vous comprendront profondément serait une façon de prendre soin de vous?

    2. Sabron dit:

      Moi aussi je vis la même situation pas très clair avec mes enfants surtout avec mon fils. Il est venu pour la première fois seul, passer le week-end avec moi car il a conscience du manques de communication dans notre famille ou chacun vis seul sans lien.
      Moi aussi il parait que je l’énerve simplement par ma manière de m’exprimer!
      Avec ses filles je passais après tout le monde pour les garder de ce fait j’ai mis de la distance et je me retrouve seule. J’ai espoir que 2018 verra notre famille plus communicante.
      Je vous embrasse.

  9. élisabeth fafard dit:

    Allo Marpy , un petit coucou pour te remercier du bien que tu me fais et qui tombe pile poil dans ma vie à chaque fois! Oui, ce sont de véritables matins magiques! :) xx

    1. Marie-Pier Charron dit:

      Merci Elisabeth pour ton petit mot! :)

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