Le yoga, la méditation et la puissance du dernier 5 %

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Quand vous méditez, que vous faites du yoga ou que vous utilisez votre technique de relaxation favorite du moment, relâchez-vous toutes les tensions qui seraient prêtes à s’en aller ou en gardez-vous un peu pour plus tard?

J’ai remarqué pour ma part que j’ai tendance à en retenir un peu. Et je ne serais pas étonnée que ce soit votre cas également. Car il y a une partie de nous qui veut être aussi sereine que possible, bien sûr… mais il y en a une autre, complètement irrationnelle mais très profonde, qui a terriblement peur de tout ce qui menace le statu quo – même s’il s’agit d’un bien-être majestueux. Et cette partie de nous, elle essaiera tout pour nous empêcher de changer… comme nous convaincre que laisser aller la majeure partie de la tension est assez. Donc on fait la posture de yoga, par exemple, et on expire l’énergie qui nous pèse… mais jamais au complet. On en garde toujours un 5 % (ou un 10 %, ou un 20 %, selon chacun). Ainsi, on peut se dire qu’on a fait quelque chose de bon pour soi, et on ressent un bel apaisement, mais on n’a pas à apprivoiser un niveau de paix trop élevé qui pourrait nous déstabiliser.

(Évidemment, il reste à peu près toujours des couches de tension en nous, sous la surface, quoi qu’on fasse. Je ne fais pas référence à cela, ici, mais au phénomène par lequel on choisit de garder une partie de la lourdeur qui serait prête, sinon, à s’en aller.)

Le peu de stress qu’on décide de garder peut sembler inoffensif. Or, c’est un peu l’équivalent de garder une petite dose de poison. En avoir peu dans notre système est certainement mieux qu’en avoir une grande quantité… mais ça reste du poison. Même s’il y en a que des traces, on le sent, et c’est très différent que d’en être complètement libéré. Et le petit peu qu’on garde finit par nous contaminer et nous ramener à notre niveau d’agitation habituel très rapidement, l’avez-vous remarqué?

Ainsi, si on pouvait prendre la décision courageuse de relâcher tout ce qui est «relâchable», de lâcher prise vraiment jusqu’au bout, les bienfaits qu’on en retirerait seraient non seulement grands mais disproportionnés… Si on conserve normalement 5 % de la tension, par exemple, prendre l’habitude de s’en dégager ferait probablement une différence de plus de 60 % sur notre niveau de bien-être au fil du temps. (Ce sont des chiffres aléatoires que je ne lance qu’intuitivement, bien sûr, mais vous avez saisi l’idée…)

Il ne s’agit évidemment pas ici de devenir des perfectionnistes de la sérénité, et de viser à atteindre une paix absolue. Avoir une telle intention serait, en soi, une source de stress. On ne parle pas ici d’une performance, ou d’une image à atteindre, mais d’un acte de générosité envers soi. On choisit de se donner droit à une légèreté aussi grande que possible, une respiration à la fois, sans rien forcer mais aussi sans rien garder. Tant qu’à balayer, on le fait pour de vrai… on enlève toute la poussière possible avec chaque coup de balai.

Donc la prochaine fois que vous méditerez ou pratiquerez le yoga ou ferez quoi que ce soit avec une intention de vous alléger, peut-être aurez-vous envie d’explorer le tout. Rencontrez la partie de vous qui vous retient un peu par peur d’aller trop bien. Remarquez comment elle vous empêche de relâcher la tension en totalité. Oh, elle prétend que le dernier 5 % n’est simplement pas important, et que vous en faites déjà assez… mais en voyant la résistance qu’elle opposera lorsque que vous choisirez de tout laisser aller, vous comprendrez que ce 5 % est non seulement important, mais que c’est la clé.

Sur ce, je vous souhaite une superbe journée! Je vous retrouverai mercredi ou jeudi.

XOX

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13 réflexions au sujet de “Le yoga, la méditation et la puissance du dernier 5 %

  1. Gaston Pouliot dit:

    Je pratique la méditation depuis des années et pourtant, je suis conscient qu’il y a toujours chez-moi un lâcher-prise qui n’est pas total. En fait, l’ego aime bien se manifester et il trouve toujours une faille par laquelle se glisser venant ainsi restreindre mes efforts de pleine conscience et de contact avec mon Soi intérieur, infiniment pur, parfait et divin. Mais qu’a cela ne tienne. Pour moi, méditer à chaque jour, c’est prendre ma douche spirituelle. Ce n’est pas une option, mais un besoin essentiel, aussi fondamental que de respirer.

  2. Brigitte dit:

    Merci,
    Cette petite reflexion arrive à au bon moment : rentree, reprise des activités de groupe yoga, qi gong, tao de la femme lune…
    Cette derniere m’a été conseillée ce printemps, et elle entre en resonnance avec matin magique…
    Tout concourt à rassembler les pieces du puzzle de  » petits bouts de femme, femme en petits bouts têtue et debout…) que je me suis cru obligee d’etre dans la vie.
    Je marche, et respire vers mon unification à pas lents… je respire en essayant de desembouer mon âme et mon coeur…
    Merci pour cette toilette interieure.

  3. Marie joëlle dit:

    Bonjour Marie Pierre
    Depuis le temps que je vous lis, j ai
    , pour la première fois écouté votre voix ce matin et cela m à donné du soleil pour la journée.
    Merci!

    1. Marie-Pier Charron dit:

      Je m’en réjouis! xx

  4. Martine dit:

    Coucou Marie-Pier, merci pour cette belle évocation de ce que pourrait être la paix intérieure si nous laissions vraiment aller les tensions. Que ce soit en pratiquant le yoga, en méditant ou en étant centré dans les gestes de la vie quotidienne, je crois apercevoir parfois cet état de paix intérieure merveilleuse que je ne vis pas encore aussi souvent que je le voudrai. Mais c’est un commencement qui me réjouit profondément et que je veux développer au cours de ma vie . C’est une bénédiction profonde de vivre ces instants et la joie qu’ils procurent est inénarrable. Alors, comme toi, je veux les acceuillir et les amplifier le plus possible. Merci pour ce très beau texte.

  5. gisele dit:

    bonjour marie pier , apprendre à respirer profondément et expirer profondément en écoutant un CD de musique de relaxation, m’a servi à évacuer mon angoisse lors d’un traumatisme que j’ai eu il y a 3 ans ,j’étais comme hypnotisée et j’ai fini par dormir et arrêter progressivement mes antalgiques et j’ai gardé un peu d’énergie pour me remonter, c’est très utile, puisque je ne peux pas faire les mouvement de yoga, apprendre à bien respirer m’a beaucoup aidée et je continue de temps en temps ,merci pour ce message et de paix intérieure ,bonne semaine

  6. Jean dit:

    Bonjour !
    J’ai découvert dernièrement une technique de yoga très efficace grâce à Annie Langlois. C’est le kundalini yoga qui intègre les technique de respiration de feu aux postures. Annie a publié un fameux de beau livre:  » MA RETRAITE YOGA À LA MAISON » qui explique très bien ce type de yoga. Je crois que c’est un outil formidable pour justement se libérer du petit 5% de tension résiduel.

  7. Johanne Gauvreau dit:

    Bonjour Marie-Pier,
    Donnez-vous des cours sur la méditation ?
    Si oui, où-quand-combien ?
    Merci, bonne semaine !

  8. Danièle dit:

    Bonjour Marie-Pier,

    Quel beau et bon message, merci de tout coeur pour me permettre cette prise de conscience.
    Je suis loin du compte pour ce qui est de la relaxation. Dès que j’ai un peu la tête hors de l’eau, je me dis voila, c’est assez, tu respires. J’aime les cours de yoga, même si je « scrape » plus que la moitié des mouvements et je me sens bien à la fin du cours, je félicite la prof, tout emballée et je dis, à la semaine prochaine qui devient , à dans trois mois, car entre temps, tout les besoins des autres étaient plus importants que les miens.
    Apprendre à me choisir est tout un contrat mais je sais que je chemine depuis que je te lis, merci énormément pour tout tes partages. Affectueusement x x x

  9. alPedro dit:

    Bonjour Marie.
    Entre laisser aller, relaxer, faire un geste de générosité envers soi, c’est ce dernier que je préfère parce qu’il me parle davantage.
    Dans des moments de turbulences dans ma vie quotidienne, j’ai personnellement trouvé qu’aller dehors prendre une longue marche d’une heure en prenant de grandes respirations étaient pour moi réparateur au plus haut point. Marcher en regardant le ciel, qu’il soit bleu ou pluvieux me satisfait même si au départ j’hésitais à sortir pour prendre l’air. La reconnaissance fait partie de mon expérience en remerciant le Créateur en même temps que la pensée du geste de générosité envers moi-même. Revenu à la maison, je suis d’attaque pour continuer le dur métier de vivre.

  10. Annie dit:

    Wowwww! J’ai adoré ton texte! C’est tellement bien dit, bien écrit et source d’inspiration. Merci!

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